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 Le Dernier Jour d'un condamn resume

         
salah6401
Admin
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: 695
Localisation : Fes
: 45
: -1
: 23/07/2006

: Le Dernier Jour d'un condamn resume    11 - 13:57

Rsum :

Victor Hugo publie en 1829 ce roman qui est un rquisitoire contre la peine de mort. Il y dtaille les tats d'me d'un condamn au fil de quarante-neuf chapitres.

Ce livre est compos comme une sorte de journal intime tenu par le condamn mort quelques semaines avant son excution. Rien n'est dit sur l'identit de cet homme, ni sur son crime, sauf qu'il est trop jeune pour mourir. Seuls les sentiments et les impressions du condamn sont exprims travers le "je" du personnage. Tout y est dcrit : la longue attente, l'espoir, la peur, l'angoisse qui monte pour finir en rsigniation. Puis le jour de l'excution arrive. Avec lui, nous vivons ce cauchemar comme si nous tions le condamn.

Commentaire :

Le livre est compos de trois parties : Bictre, la Conciergerie et l'Htel de Ville qui sont elles-mmes spares en trois parties :

- Bictre : le procs, le ferrage des forats et la chanson.

- La Conciergerie : le voyage vers Paris, la rencontre avec la friauche et la rencontre avec le gelier qui lui demande les numros pour jouer la loterie.

- L'Htel de Ville : le voyage dans Paris, la toilette du condamn et le voyage vers la Place de Grve o est install l'chafaud.

Ce livre a t crit alors que Victor Hugo venait d'tre marqu par la vision d'un homme men l'chaffaud pour tre excut. L'auteur s'insurge alors contre cette mort programme d'un homme (en tant guillotin), tablissant ainsi un vritable rquisitoire contre la peine de mort. L'atmosphre est touffante, opprimante et au fur et mesure de la lecture, on a rellement l'impression d'tre dans la cellule attendre l'heure fatidique ! Cette impression est renforce par le fait que cet homme n'a aucune identit : cela pourrait donc tre n'importe lequel d'entre nous !

Cette oeuvre d'un ralisme poignant et oppressant mne le lecteur jsuqu' la fin avec cette question obsdante aux lvres : "On dit qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, mais qui le sait ?".


Extrait :

I

Bictre

Condamn mort !

Voil cinq semaines que j'habite avec cette pense, toujours seul avec elle, toujours glac de sa prsence, toujours courb sous son poids !

Autrefois, car il me semble qu'il y a plutt des annes que des semaines, j'tais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son ide. Mon esprit, jeune et riche, tait plein de fantaisies. Il s'amusait me les drouler les unes aprs les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inpuisables arabesques cette rude et mince toffe de la vie. C'taient des jeunes filles, de splendides chapes d'vque, des batailles gagnes, des thtres pleins de bruit et de lumire, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'tait toujours fte dans mon imagination. Je pouvais penser ce que je voulais, j'tais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une ide. Une horrible, une sanglante, une implacable ide ! Je n'ai plus qu'une pense, qu'une conviction, qu'une certitude : condamn mort !

Quoi que je fasse, elle est toujours l, cette pense infernale, comme un spectre de plomb mes cts, seule et jalouse, chassant toute distraction, face face avec moi misrable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux dtourner la tte ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes o mon esprit voudrait la fuir, se mle comme un refrain horrible toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsde veill, pie mon sommeil convulsif, et reparat dans mes rves sous la forme d'un couteau.

Je viens de m'veiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : - Ah ! ce n'est qu'un rve ! - H bien ! avant mme que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entrouvrir assez pour voir cette fatale pense crite dans l'horrible ralit qui m'entoure, sur la dalle mouille et suante de ma cellule, dans les rayons ples de ma lampe de nuit, dans la trame grossire de la toile de mes vtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit travers la grille du cachot, il me semble que dj une voix a murmur mon oreille : - Condamn mort !

II

C'tait par une belle matine d'aot. Il y avait trois jours que mon procs tait entam, trois jours que mon nom et mon crime ralliaient chaque matin une nue de spectateurs, qui venaient s'abattre sur les bancs de la salle d'audience comme des corbeaux autour d'un cadavre, trois jours que toute cette fantasmagorie des juges, des tmoins, des avocats, des procureurs du roi, passait et repassait devant moi, tantt grotesque, tantt sanglante, toujours sombre et fatale. Les deux premires nuits, d'inquitude et de terreur, je n'en avais pu dormir ; la troisime, j'en avais dormi d'ennui et de fatigue. minuit, j'avais laiss les jurs dlibrant. On m'avait ramen sur la paille de mon cachot, et j'tais tomb sur-le-champ dans un sommeil profond, dans un sommeil d'oubli.

C'taient les premires heures de repos depuis bien des jours.

J'tais encore au plus profond de ce profond sommeil lorsqu'on vint me rveiller. Cette fois il ne suffit point du pas lourd et des souliers ferrs du guichetier, du cliquetis de son noeud de clefs, du grincement rauque des verrous ; il fallut pour me tirer de ma lthargie sa rude voix mon oreille et sa main rude sur mon bras. - Levez-vous donc ! - J'ouvris les yeux, je me dressai effar sur mon sant. En ce moment, par l'troite et haute fentre de ma cellule, je vis au plafond du corridor voisin, seul ciel qu'il me ft donn d'entrevoir ce reflet jaune o des yeux habitus aux tnbres d'une prison savent si bien reconnatre le soleil. J'aime le soleil.
    
    http://salah.jeun.fr
 
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