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 L'ultime dialogue entre Antigone et le garde : p110 ...

         
salah6401
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Localisation : Fes
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: 23/07/2006

: L'ultime dialogue entre Antigone et le garde : p110 ...    13 - 7:04

Étude Texte 6 : dernier change entre Antigone et le garde ("Écoute... (p. 110) Et c'est qui qu'elle est adresse ? (p. 117))


Tout d'abord, quelques remarques sur ce qui prcde :


On remarque que le garde est omnibul par son avenir, son avancement, il ne pense qu' lui. Il emploie du vocabulaire familier. Il a quelque chose de comique qui est pitoyable, son discours est presque caricatural, Antigone ne s'y intresse pas. Le garde en est dvaloris. L'embrouillement des sonorits traduit l'embrouillement qui rgne dans sa tte. Il est aux antipodes des penses d'Antigone. Il est profondment indiffrent l'gard du tragique, comparable l'indiffrence de Cron qui se remet sa tche comme si rien ne s'tait pass (voir p. 122). On remarque encore des anachronismes, notamment avec le terme "allocations".



Écart des tonalits entre les deux personnages


Attitude du garde dans ce passage :


Antigone a arrt son discours : "Écoute." Le garde essaie de se mettre l'abri de ce qu'elle dit ensuite, alors que ce qu'elle dit n'est pas banal et devrait renvoyer sa propre mort. C'est comme si il tait compltement impermable ce que dit Antigone, il poursuit son argumentation comme si elle (son argumentation) chappait compltement au garde. Le monde est indiffrent, il laisse Antigone seule.
Tout ce qu'il lui dit constitue les lments de son propre bonheur : la considration (= tre reconnu), tre presque un fonctionnaire. Mais on peut comprendre cela comme pjoratif sous le regard d'Anouilh et d'Antigone, son bonheur est constitu par du quotidien. Il cre un anachronisme (police // gendarmerie) (sergent // garde). Le garde rpond sans tact comme si a ne concernait pas Antigone. Il le dit de manire abrupte, par exemple : "pour ne pas se souiller", c'est une remarque inutile et blessante pour Antigone. On peut penser qu'il aurait t comprhensif avec Antigone s'il s'tait arrter "Je ne sais pas" mais il poursuit et raconte des choses dont il n'est mme pas certain et en plus, il raconte des choses horribles : "vous murer dans un trou" et il le dit directement comme si Antigone n'tait pas concerne par ce sort.
Le garde possde une espce de balourdise, ce qu'il fait qu'il se sent oblig de donner des prcisions : "d'abord". Ceci est soulign par la didascalie : "Le garde se fait une chique", il s'en moque, il vit son petit bonheur. Lorsque Antigone le questionne sur le mal pour mourir : il ramne a lui. Ce qu'il dit est dcribilis : "Je ne peux pas vous dire" mais il le dit tout de mme : "Pendant la guerre, ceux qui taient touchs au ventre, ils avaient mal.", a ne le drange pas de dire des choses horribles comme elles ne le concernent pas : "Moi, je n'ai jamais t bless". Il y a quelque part quelque chose d'odieux du garde envers Antigone, mais ce n'est pas par mchancet, c'est par balourdise. Sans cesse, il revient l'obsession de l'avancement, il est caricatur, et ces rptitions doivent provoquer des rires. Le garde n'a pas d'paisseur psychologique, au del de son ct affectif, Cron n'a pas de grande profondeur.
L encore, l'accent est mis sur le sort des gardes et non pas d'Antigone. Le garde insiste sur ce que va vivre les gardes qui surveilleront le "tombeau nuptial" d'Antigone, "en plein soleil". Il a piti l'gard de ceux qui vont devoir garder la caverne, et cette piti est mlange une espce de revendication, de rlerie. Il reste centr sur ces problmes internes de fonctionnement. "Étonnez-vous", ce "vous" s'adresse Antigone, c'est plus important pour lui que sa mort, il l'implique dans ces problmes. Ça semble donner une importance considrable tous ces problmes. Quelque part, il recherche l'approbation explicite d'Antigone par les exclamatives : "Elle a bon dos, la garde !". La didascalie renvoie la prcdente : "qui a fini sa chique", Antigone est "soudain lasse".
Le discours du garde agit comme une mcanique indpendante d'Antigone alors que plus haut, on avait un dsir de dialogue.
Antigone :


Ses questions propos de sa mort vivante sont au cur de l'essentiel. Elles expriment la teneur devant le sort qui l'attend par rapport l'loignement du garde. Elle va au plus direct : elle donne des rponses courtes.
Anouilh a voulu reprendre le dsarroi d'Antigone, prsent chez Sophocle, il utilise 3 fois "Ô". L'expression "lit nuptial" renvoie aux noces : elle se marie avec la mort, ce sera son mari, ceci connote comme une espce d'amour envers ce destin. Paralllisme entre la nuit d'amour et la nuit de mort : Hmon va se tuer pour Antigone (p. 119). Le bonheur absolu ne peut qu'engendrer la mort. Ça montre bien que la mort tait destine au mariage. C'est ce bonheur suprme qu'elle voquait prcdemment pour dsigner Hmon. Pour mourir, elle sera "toute seule", mais mourir avec Antigone ne la gnerait pas : "Elle s'entoure de ses bras". Elle peut tre davantage elle mme ? C'est quelqu'un qui a besoin d'absolu (comme un grand marin, un alpiniste de haute montagne...) et qui n'a donc pas peur de la mort. En quelque sorte, elle s'approprie la mort.
La Lettre


Le garde :


On note toujours cette mme indiffrence. En plus, ce n'est pas lui qui risque gros mais Antigone. Il demande si la bague qu'elle lui donne est en or, connote la corruption. La position de principe parat simple : il est garde et sa cupidit plus sa corruption font qu'il transige. Le garde rejoint l'art de l'arrangement qui est celui de Cron. Le garde rpte les phrases d'Antigone et les commente, il les crit sans comprendre. Anouilh utilise un procd comique : un lve qui crit une dicte : "suce sa mine", "rpte lentement", "peine sur sa dicte", "crit suant sa mine". Le fait de rpter de sa grosse voix qui devrait tre pathtique dvalorise et dsacralise sa lettre. Les commentaires du garde sont dvalorisants et ignobles. Anouilh en fait une espce de gnralisation qui efface le poids de la mort d'Antigone. Lorsque le garde lui dit que "C'est une drle de lettre", il dvalorise les dernires paroles d'Antigone.
Évolution d'Antigone


D'une part, Cron est comme rhabilit : "Cron avait raison". Elle se rend compte que "c'tait simple de vivre...". Et d'autre part, c'est se rvler, elle avoue qu'elle n'est pas si certaine et si intransigeante qu'elle le disait auparavant. Elle dit mme "Pardon" pour ce qu'elle a fait, elle se rend compte qu'elle a fait une erreur, qu'elle a bless Hmon et qu'elle a vcu pour elle mme et non pas pour les autres. "Sans la petite Antigone, vous auriez tous t bien tranquilles." Elle se considre comme quelqu'un qui les empche de vivre. La tranquillit, a veut dire aussi que la petite Antigone est l pour rappeler qu'il faut vivre une vie absolue et non pas une vie ppre. Elle "raye" en quelque sorte sa peur par rapport aux autres. Mais est-ce qu'elle le raye dans son esprit ? Cette ambigut semble perue par le garde qui dit "c'est une drle de lettre." Et Antigone le lui confirme.
Quelque part, a lui donne une humanit qu'elle n'avait pas auparavant, cela renforce le tragique de la pice. En fait, le vritable destinataire de la lettre, c'est le spectateur, c'est un subterfuge pour connatre les tats d'mes d'Antigone.
    
    http://salah.jeun.fr
 
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